L’artiste a offert un spectacle de qualité pour ses 30 ans de carrière vendredi à Yaoundé.
Tout. C’est ce que les spectateurs disent avoir apprécié du concert. Aladji Touré, bassiste émérite, a donné la pleine mesure d’un talent mûr de 30 ans. Avec des titres comme « Mulato, Bikutsi sans frontières », la mise en condition du public est réussie. L’audience savoure un vrai régal, et ne se fait pas prier pour applaudir. Chaque musicien sur la scène a son moment de gloire, où avec le bassiste à l’honneur, il tutoie les cimes de son art. Pianiste, soliste, violoniste, violoncelliste, batteur et saxophoniste prennent alors grand plaisir à ravir un public déjà enchanté. C’est sur un « Sophie » enlevé, en arrangement salsa que l’artiste achève son premier passage.
Sur la scène un autre ténor lui succède, Henri Dikongue. Impossible de bouder le plaisir de sa voix mélodieuse. Le public entonne avec lui les tubes qui lui sont proposés. Les mélomanes sont conquis et conviennent avec l’artiste que « tout paraît beau, tout paraît léger, comme si le monde avait changé ». C’est la vie. L’ambiance monte encore de plusieurs crans lorsque Prince Ndedi Eyango fait son entrée. Bête de scène, un brin rock. La prestation fait rêver, le public en redemande, il est servi. Nostalgie, nostalgie, le public va « Calculer » avec Ndedi Eyango. Il ouvre sa chorégraphie aux spectateurs. Le « Soul botingo » ne manque pas de sympathisants.

La note féminine de la soirée porte la signature d’une dame de charme, Grâce Decca. Moulée dans une tenue de scène noire, son célèbre mouvement de « balle à terre », ne cesse de créer des émules dans la salle. Le morceau « I need some love » réveille la fibre sentimentale de beaucoup. Mais bientôt cette ambiance très festive cède la place à une écoute presque religieuse. Etienne Mbappe joue sa partition. Une voix qui emporte, une guitare basse vibrante. Du pur talent. Standing ovation. Le public est sous le charme. Avec Etienne Mbappe, Aladji Touré joue une chanson à deux basses, « Hommage à Valo », en mémoire de Valéry Lobé. La star du jour donne également des numéros avec Ekambi Brillant et Toto Guillaume, ses parrains.
Avec Dina Bell et le patriarche Jean Dikotto Mandengue, c’est le clou. Ils diffusent dans la salle un makossa langoureux comme on en écoute rarement désormais. Aladji Touré choisit le titre « Renaissance » pour achever son spectacle. A la sortie, dédicace de son album « New Face ». La satisfaction est perceptible. Certains esquissent des mouvements de jeu de guitare entre leurs doigts. Près de cinq heures de basse de haute qualité ont, peut-être, suffi à susciter des vocations.
Par Prudence ABOMO (CT)











