Mal connue, voire méconnue, la diaspora camerounaise est souvent l’objet de fantasmes et de malentendus tragiques. Toutes sortes d’étiquettes continuent à coller à la peau de nos compatriotes de l’extérieur. On les dit privilégiés et acquis à l’opposition. Ils se croient plutôt incompris et oubliés. On les croit opposants radicaux. Mais à l’observation, on constate qu’un grand nombre est toujours derrière l’homme du Renouveau, comme en 1982. Rien d’étonnant alors qu’ils accourent toujours à l’aéroport à chaque déplacement du président Paul Biya à l’étranger.
Mais au fait, qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Que font-ils donc, là-bas à l’étranger ? Pensent-ils un jour revenir au pays qui les a vus naître ? Que peuvent-ils faire pour le développement de notre pays ? Au fait, est-il vrai qu’ils appartiennent dans une grande proportion à l’opposition radicale ? Les interrogations sont nombreuses au sujet de nos concitoyens qui ont décidé de vivre hors des frontières nationales.
Aux yeux du grand public, ils traînent une image imprécise, peut-être ambivalente. Certains ne veulent voir en eux que des gens irrévérencieux, au verbe haut, et qui n’ont qu’une seule idée en tête : venir s’emparer du pouvoir à Yaoundé. Voilà pourquoi estiment-ils rien de ce que font les pouvoirs publics ne trouvent grâce à leurs yeux. Refusant délibérément de considérer les efforts gigantesques que déploie le gouvernement pour réduire les inégalités et combattre la misère, ils encouragent par le geste et la parole les thèses les plus extrémistes. Heureusement, ils ne sont pas aussi nombreux que veulent nous faire croire les médias acquis à leur cause. Il est tout de même dommage que certaines chancelleries leur accordent parfois une oreille attentive.
N’empêche que la grande majorité de nos compatriotes à l’étranger est consciente que l’avenir du pays dépend aussi d’eux. Voilà pourquoi ils veulent de plus en plus s’impliquer dans la vie nationale, avoir le droit de vote par exemple. Aussi faut-il savoir gré aux autorités camerounaises d’avoir permis l’organisation, sous le haut patronage du président de la République, Paul BIYA, du premier forum économique et commercial avec la diaspora sur le thème : « La diaspora camerounaise, un véritable acteur du développement ». Le but ultime de cette concertation, amener la diaspora camerounaise à participer de manière plus significative au développement économique et social de notre pays, semble avoir été atteint.
Les nombreux témoignages de Camerounais de tous bords ayant développé des projets ou, ayant créé des entreprises, laissent croire que nos compatriotes de l’étranger – quatre millions selon toute vraisemblance – peuvent pour peu qu’on les intègre dans le circuit national de production, devenir de véritables acteurs de développement de notre pays. Malgré leur faible implication, ils injectent néanmoins annuellement quelque chose comme sept milliards de f.cfa dans l’économie nationale. Voilà une bouffée d’oxygène qui sert surtout au soutien des familles restées au pays et au financement du petit commerce.
Il est heureux de constater que le gouvernement ait compris tout le bénéfice que le Cameroun peut tirer de la participation de la diaspora au développement national. Depuis la création de la Division des Camerounais à l’Etranger au MINREX en 2005, bien de choses ont changé positivement. D’autres sont en cours.
Par NDZINGA AMOUGOU(CT)











