Contraint à l’internement à la l’Hôpital central de Yaoundé depuis la semaine dernière, suite à la violente agression dont il a été victime en prison il y a près de trois semaines, le détenu dit craindre pour sa vie.
« Je ne sais pas ce que j’ai fait à ces gens là. Ils veulent me tuer comme ils ont tué Bibi … » Depuis son lit du pavillon neurologique de l’Hôpital central de Yaoundé, le détenu ne décolère pas face à l’incertitude qui entoure désormais sa vie. Interné depuis le début de la semaine dernière, Harris Robert Mintya souffre d’une atrophie cérébrale, selon ses médecins. Une maladie qui d’après le patient se manifeste par une forte fièvre, des céphalées prolongées et une inflammation des jambes.
Cette pathologie fait suite à une violente agression dont a été victime le Directeur de publication dans son local 4 du quartier 1 de la prison centrale de Kodengui, où il est détenu depuis le 10 mars. Selon son récit des faits, il a été brutalement frappé à la tête par un « bandit de grand chemin », nommé Raoul Eteme, il y a environ trois semaines, alors qu’il montait les escaliers qui conduisent à la grande cour de la prison. Tombé dans le coma, puis admis à l’infirmerie de la prison centrale, il a été mis sous soins intensifs depuis lors. Un premier scanner a décelé des déformations de l’os frontal et un élargissement des sillons corticaux. Comme nous l’annoncions dans notre édition du 17 août, des examens complémentaires ont confirmé la persistance des lésions sus-indiquées, d’où sont internement au pavillon neurologie de l’Hôpital central de Yaoundé.
Commanditaires
Sur les motivations réelles de son agression, Harris Robert Mintya croit déceler une action commanditée par une main invisible auprès du redoutable brigand qu’est Raoul Eteme. Ce dernier aurait confié avoir « acheté » son problème « je fais ma prison sur toi… », aurait-il déclaré son problème. D’où la conclusion de l’infortuné qui pense que « ce sont les gens sui l’ont envoyé me tuer ». Un verdict qui semble épouser les contours de l’enquête préliminaire ouverte par les autorités pénitentiaires de Kondengui, qui n’ont pas cru devoir suivre les manœuvres de diversion qui voulaient faire d’un malentendu d’ordre passionnel le motif du crime.
Néanmoins il reste difficile à l’heure qu’il est de se prononcer sur l’identité des commanditaires de cette agression. Toutefois, autant dans l’entourage du Directeur de publication qu’au sein de l’opinion publique, on sait désormais Harris Robert Mintya en danger depuis qu’il avait avoué être un indic à la solde du pouvoir. En déliant ainsi sa langue, le prévenu menaçait de mettre à nu le visage de ceux qui tirent dans l’ombre les ficelles vicieuses de ce que l’opinion retient comme l’affaire Bibi Ngota, depuis que les révélations médiatiques ont détecté de grosses manipulations tout autour. Harris Robert Mintya était persuadé lorsqu’il nous recevait à l’hôpital central de Yaoundé vendredi dernier. « Ils savent que je suis en danger de mort à la Prison. Mais ils préfèrent nous garder là-bas (…). C’est la non assistance à personne en danger… », fulminait-il entre deux cris de douleur. Est-ce ceux là qui auraient décidé de réduire au silence celui qui reste le principal protagoniste de l’affaire après le décès de Bibi Ngota et la fuite de Hervé Nko’o ?
L’histoire nous le dira. Mais en attendant, c’est un nouveau drame national qui se prépare autour de cette affaire si rien n’est fait. D’où l’urgence qui interpelle la justice, depuis lors saisie d’une action publique initiée par le Parquet de Yaoundé et de l’enquête commanditée par le Président de la République. Ceci à quelques jours du 10 septembre, jour où le mandat de dépôt qui les maintient à Kondengui arrive à expiration. Le décès le 22 avril de Bibi Ngota avait déjà levé une encombrante polémique sur les contours de l’affaire, au risque de déteindre sur l’image du respect des droits de l’Homme au Cameroun. Qui aurait intérêt à réchauffer ce climat de psychose ? Question à un sou.
Par Nestor Djiatou(l’anectode)











