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Jean- Lambert Nang : « Je prend goût à l’écriture. »*

lundi 13 juillet 2009

Le journaliste et ancien directeur général de la Fédération camerounaise de football annonce un livre sur les Lions Indomptables dans les jours prochains.


Pourquoi ce livre sur la Fécafoot ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, je prends goût à l’écriture. En tant que journaliste, nous écrivons tous les jours, mais ce sont des bribes, ce sont des bouts que nous servons au public. Après cet exercice de « Desperate football house », je crois que le champ est vaste de sujets sur lesquels on pourrait épiloguer. Il y a mon aventure pendant une bonne vingtaine d’années avec les Lions Indomptables. Je pourrais, dans les tous prochains jours, consacrer cet exercice-là à relater la vie des Lions Indomptables pendant que je voyageais à travers la planète avec eux. Il y a même mon autobiographie ! Je crois que le Seigneur m’a fait tout voir en très peu de temps et je pourrais relater ces expériences glanées à travers le monde qui seraient également intéressantes du point de vue de l’écriture. Relater la Fécafoot, témoigner. Chacun de nous doit pouvoir témoigner sur ce qu’il vit. Sur les expériences, les odeurs de la vie, les sensations qui sont les siennes pendant qu’il est dans une situation donnée. Moi, j’ai profité de mon limogeage de la Fécafoot pour faire connaître aux Camerounais ce qu’est réellement la Fécafoot. Parce que nous n’en avons chacun qu’une écume, la face visible qu’on veut bien nous présenter. Mais, à l’intérieur, c’est tout un autre monde. Et c’est sans complaisance que j’emprunterais à un ancien ministre des Sports le terme de « cacafoot », s’agissant de la Fécafoot.

N’est-ce pas, finalement, un règlement de comptes ?

Contre qui ? Je n’ai aucun compte à régler ! Si j’avais un compte à régler, je l’aurais réglé à l’épée le jour où on m’a limogé parce que je trouvais cela excessif, abusif et injuste. Mais j’ai accepté le sort qu’on m’avait réservé et je me suis tu pendant trois années. Ce qui est dommage, c’est que sur un sujet aussi passionnant que celui du football camerounais, il n’y ait personne pour écrire. Il fallait bien que quelqu’un commence et je me jette à l’eau en espérant que d’autres suivront.

Vous relatez les choses d’une façon un peu trop crue…

Oui. « Sans liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur ». C’est ce que dit la devise de Beaumarchais. Je me suis senti libre pour dénoncer. Parce que si on ne dénonce pas avec vérité ce que l’on condamne, on ne trouvera jamais les bonnes solutions aux problèmes qu’on veut résoudre.

Vous ne redoutez pas de procès ?

Je suis prêt ! (Il répète) Je suis prêt ! Quand on écrit, on prend un risque. J’ai pris le mien. Je puis parer à toute éventualité.

N’est-ce pas un délit d’initié ?

Je n’ai rien pris à personne, ni à moi-même.

C’est Joseph-Antoine Bell qui signe la préface de votre ouvrage. Pourtant, en 2006, vous avez étalé vos désaccords au sujet de la Fécafoot lors d’un débat sur Rfi…

Je ne scie jamais la branche sur laquelle je suis assis. Bell n’a jamais été un ennemi pour moi. J’ai commenté des matches dont « Jojo » était le gardien de buts. Pour moi, il a toujours été le meilleur défenseur de la cause des footballeurs camerounais. Pas seulement au Cameroun, mais à l’étranger, à Marseille où il a été, à Bordeaux. Bell, c’est quelqu’un de très écouté, de très respectable dans le monde du football. C’est quelqu’un qui a voulu être président de la Fécafoot. Il est parmi les premiers dénonciateurs du système Fécafoot. Et lorsque j’ai voulu écrire sur un sujet comme celui-là, j’ai pensé naturellement à Bell Joseph- Antoine qui connaissait déjà le milieu et qui en avait une appréciation qui cadrait avec la mienne.

A-t-il été facile de le convaincre de signer la préface de votre livre ?

Vous pensez que demander à Bell de dire ce qui est juste, il faille le convaincre ? C’est allé tout naturellement.

Aujourd’hui, quand vous vous levez le matin, que faites-vous ?

Je me rase, je me brosse les dents, je m’habille et puis je vais au boulot.

Où, au ministère de la Communication ?

Au ministère. Il n’y a pas de honte. C’est ça le problème avec les Camerounais. Ils n’acceptent pas qu’après avoir été au sommet, ils redescendent découvrir le sous-sol. Moi, je suis au sous-sol aujourd’hui, mais on ne retient pas que je suis au sous-sol, on ne retient que mes vingt-cinq années de gloire à la Crtv.

Quelles fonctions occupez-vous au ministère de la Communication ? Je suis en complément d’effectifs et j’en suis fier.

Comment trouvez-vous la Fécafoot d’aujourd’hui ?

J’ai rompu avec la Fécafoot. Je ne suis même plus au courant du calendrier national de football. Je ne sais pas ce qui s’y passe. Je n’ai plus que des bribes. Et ces bribes ne m’intéressent même pas. Parce que je ne suis plus partie prenante de cette institution-là.

*Le titre est de la rédaction de lecamerounaisinfo.com

Par Arnaud Tchapda(lejour)


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