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Jean-Marie Atangana : Voyage intérieur… loin de l’Albatros

jeudi 29 décembre 2011


Dans son ouvrage, l’ancien « vice-Dieu » retrouve son élan de séminariste et nie les accusations portées contre lui.

En parcourant quelques « Lettres d’ailleurs : dévoilements préliminaires d’une prise de l’ « Epervier du Cameroun » de Jean-Marie Atangana Mebara, le lecteur prendra certainement à son compte ces déclarations du préfacier, en l’occurrence le Cardinal Tumi : « Dans un style littéraire d’une clarté extraordinaire et d’une simplicité touchante, on est pris par le récit qui se lit comme un roman. L’ancien séminariste de Mbalmayo, a bien maitrisé ses leçons de grammaire et l’art de bien conter les évènements de l’histoire de sa vie ! ». On constatera, en outre, que Jean-Marie Atangana Mebara, dans ses « Lettres d’ailleurs » inspirées, fortement, selon l’auteur, de l’ouvrage « L’épreuve" du député français Julien Dray, est une leçon d’humilité et de compassion, grandeur nature dispensé à ses « familles », qui seraient gouvernées par un esprit vindicatif.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le chapitre 1er de ce livre de 319 pages commence par les « dix commandements paradoxaux » écris par Keith M. Keith. Plus loin, l’ancien ministre d’Etat cite différents auteurs pour exalter le pardon. Florilège : Alan Paton : « il existe une loi implacable… quand on nous inflige une blessure, nous ne pouvons en guérir que par le pardon ». Jean-Paul Samputu : « seule une culture du pardon pourra mettre fin aux cycles de violences et du désespoir et enclencher de nouveaux cycles d’espoir et de pardon ». Naim Ateek : « Non seulement le pardon ne vous laisse pas faibles et vulnérables, mais il laisse une grande force à la personne qui l’accorde et à celle qui reçoit ». Martin Luther King : « Pardonner ne signifie pas ignorer l’offense, ni camoufler d’une étiquette trompeuse un acte répréhensible. Pardonner signifie plutôt que méfait n’est pas un obstacle à la relation. Le pardon est le catalyseur qui créé les conditions nécessaires à un nouveau départ ».

Part de vérité

S’agissant de compassion,Mebara Atangana abat aussi ses cartes : « Je veux me joindre aux quelques rares camerounais qui, individuellement ou à travers une association de leur création contribuent à faire vivre l’espoir en prison. Parmi les personnes les plus actives ici, il convient de citer le footballeur Eto’o Fils Samuel, la fille de Ndi Samba et Mme Georgina Tsala… Moi aussi je crois avoir beaucoup reçu de la vie, gratuitement sans que j’aie quelque mérite particulier ; je sens au plus profond de moi qu’il est de mon devoir de donner aussi gratuitement à d’autres pour que cette chaine de solidarité ne se coupe jamais… ».Du reste, le ministre, qui clame son innocence, n’a pas oublié la déclaration faite le 1er août 2008 avant d’être placé en garde-à-vue : « … je voudrais réaffirmer ici que toutes les missions ou instructions qui m’ont été données par le chef de l’Etat, j’ai essayé de les mettre en oeuvre du mieux de mes capacités humaines en associant chaque fois que possible mes collaborateurs directs ou ceux des structures et administrations compétentes (…)

L’urgence de certaines situations a conduit le secrétaire général de la présidence de la République ou d’autres hauts responsables de l’Etat à adopter des procédures spéciales afin de résoudre les situations de crise ponctuelles. A aucun moment, je n’ai, dans l’exécution de ces instructions, essayé de satisfaire ou de poursuivre des intérêts personnels. Je fais remarquer à l’enquête que je ne dispose d’aucun compte bancaire à l’étranger. J’ai fait de mon mieux pour servir l’Etat et le président de la République avec loyauté, probité, efficacité et désintéressement. Je reste disposé à contribuer dans toute la mesure du possible au triomphe de la vérité dans ces affaires ».Sous réserve d’autres « dévoilements », Atangana Mebara sert donc à l’opinion un « petit document », fort d’une conviction : « au cas où je devrais m’en aller comme mes co-détenus (M.Moutapen, Booto à Ngon, Raymond Kaltjob, etc.), ceci constituera ma part de vérité, sur cette partie de l’histoire de ma vie ».

Par G.A.B(Mutations)


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