Déjà un an. Pourtant l’on aurait dit hier ou ce matin. Un mandarin de la presse camerounaise s’en est allé. Brusquement arraché à la vie, fauché comme du blé par un étrange accident de la circulation, en terre étrangère. L’effroyable nouvelle de la mort du fondateur du quotidien Le Messager m’a violemment assommé au cours d’une mission à l’Extrême-Nord.
Ce matin noir de juillet 2010, alors que la télévision (Canal Matin sur Canal 2 International) venait de me cracher à l’oreille le venin, mon confrère du satirique Le Popoli, Francis Eboa (Alias Emile Mbankui), s’est précipitamment rendu dans ma chambre pour me signifier son soutien. Quasiment au même moment, à l’Hôtel où nous séjournions, une folle clameur a retenti du côté de la réception. Comme quoi, « l’opposant est mort, les jours du journal Le Messager sont comptés ». Ce n’était pas faute de n’avoir cherché plus tard, j’avoue que je ne suis jamais parvenu à déterminer le véritable auteur de ces propos. Je les trouvais à la fois violents et insultants pour la mémoire d’un artificier dont l’œuvre transcende le temps... La mort !
Ni Frédéric Boungou (rédacteur-en-chef), ni Honoré Foimoukom, (chef d’édition) ne répondaient au téléphone. C’est finalement Marie-Noëlle Guichi (rédacteur-en-chef délégué) qui m’a confirmé (je n’y croyais pas encore) le décès tragique du « Dp ». « Nous sommes orphelins, c’est dur ! », m’avait-elle laissé entendre d’une voix nouée par la douleur.
Mon téléphone n’a pas cessé de sonner. Des messages de condoléances fusaient de partout. Des réactions de confrères (Luc Bienvenu Onana de la Crtv , Adolarc Lamissia de Le Jour, Olivier Lamissa Kaikai de Cameroon Tribune, etc) à profusion dans ma boite email. Alors, j’ai mesuré le défi qui nous interpellait. Que Le Messager survive à son fondateur ! Le dernier classement en date de Messapresse qui hisse le journal de la Rue des écoles à la première place des quotidiens privés les plus lus au Cameroun en dit long sur ce qu’il est convenu de nommer le « serment tenu de la grande famille Le Messager ». Louable.
Et si quelque peu j’ai mal au plus profond de mon être, c’est d’avoir connu Pius Nouméni Njawé si peu. Notre rencontre programmée l’an dernier à cette même période, dès son retour des Etats-Unis, n’a pas eu lieu.
Par Salomon KANKILI,Correspondant de Le Messager (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord)






