Le président de l’Udc a initié une réflexion sur l’avenir de l’organe chargé d’organiser les élections. « Parce que nous avons cru en Elecam en l’acceptant, nous disons face aux réalités et faits avant, pendant et après l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 qu’il est grand temps de
repenser et d’agir ». Adamou Ndam Njoya a ainsi jeté hier au siège de l’Union démocratique du Cameroun (Udc), son parti, les bases d’une réflexion qu’il a initiée, et à laquelle était invité Bernard Muna, le président de l’alliance des forces progressistes (Afp) et des responsables de la société civile. Alors que d’aucuns continuent de faire le procès d’une opposition qui n’a pas su parler d’une même voix pendant le processus électoral qui a vu la reconduction de Paul Biya à la présidence de la république du Cameroun, et surtout d’avoir « aveuglement » donné son quitus à cet organe chargé d’organiser les élections, « en sachant que les jeux étaient faussés d’avance », comme l’a encore reconnu Hilaire Kamga, spécialiste des questions électorales et membre de la plateforme de la société civile camerounaise. « Nous avons fait confiance à une institution qu’on a déclaré indépendante et nous avons accordé leur chance aux responsables qui l’animent », mais ils n’ont pas pu se détacher du Rdpc, le parti dont ils sont issus pour la plupart, a reconnu en substance Ndam Njoya. Et puis « nous n’avons pas échoué, parce que notre rôle c’est aussi d’éduquer le peuple, ce que nous avons fait, mais en face, Elecam n’a pas su être neutre ». Pour les panélistes au rang desquels se trouvaient également Philippe Nanga, coordonnateur de l’Ong Un monde Avenir, et des cadres de l’Udc, il est question aujourd’hui d’apprendre de la « mascarade du 9 octobre 2011 » pour préparer l’avenir. Constatant l’échec du régime Biya à permettre une élection libre et transparente. Ce qui frustre une majorité de la population. Laquelle a fini par abdiquer. « Quand vous ne votez pas, vous n’existez pas en tant que citoyen ». Un tort, dénonce Philippe Nanga qui condamne l’immobilisme d’une population qui n’a plus qu’une seule parole dans la bouche : « on va faire comment », face à toute préoccupation.
Accords et désaccords sur un objectif commun
Les participants à la réflexion du 2 février sont unanimes qu’il faut unir les forces pour imposer un fichier électoral fiable pour préparer les municipales et les législatives à venir. « Dans une élection, l’élément le plus important c’est le fichier électoral », souligne Hilaire Kamga. Alors que l’opposition et Elecam s’affrontent actuellement sur cette question. L’opposition exige une refonte du fichier électoral que n’a pas pu toiletter Elecam avant la présidentielle, Elecam « impose » la révision. Une attitude qui énerve Ndam Njoya et compagnie. « Tani (le directeur général d’Elecam) se moque du peuple et nous confisque notre droit quand il dit que eux, ils ont décidé de réviser, que réviser signifie aussi refonte, et même que la refonte se trouve dans la révision », crie Hilaire Kamga qui critique l’invulnérabilité du directeur général des élections, seul membre non assermenté de l’organe, portant détenteur de l’essentiel du pouvoir.
Dans une position commune au G7, le groupe des sept candidats malheureux de la présidentielle qui avaient signé la Déclaration de Yaoundé après la présidentielle pour appeler le peuple à prendre ses responsabilités si la Cour constitutionnelle n’annulait pas l’élection querellée, les orateurs du 2 février maintiennent leurs réclamations. Avec quelques regards divergeant. S’ils sont d’avis avec Ndam Njoya pour une dissolution d’Elecam, ils ne s’accordent pas sur l’organe qui va remplacer l’actuel organe. Le leader de l’Udc milite pour « un organe véritablement indépendant avec des dirigeants neutres ». Hilaire Kamga le rejoint et croit qu’avec un peu de sérieux et de sens citoyen, on peut y parvenir. Me Bernard Muna, lui, n’y croit pas. « Il sera difficile de trouver des hommes vraiment neutres. Je propose un nouvel organe avec comme membres des représentants des partis politiques. Ainsi, chacun aura son intérêt qu’il va défendre ». Pour autant, tous réitèrent une refonte du fichier pour en finir définitivement avec les morts qui collent à l’actuel fichier, et éviter les doublons.
Écrit par Lindovi Ndjio (NE)











