Les leaders du groupe ont précisé hier les circonstances de la reprise de leur chanson par la Colombienne.
Ce n’est donc pas un plagiat. « Plutôt une adaptation », note le manager de Zangalewa, Didier Edo. On en sait un peu plus sur cette histoire incroyable qui est arrivée à ce groupe mythique de la fin des années 80, qui fit fureur avec la chanson « Zangalewa » et qui, depuis plus de dix ans, s’est éteint. Ou endormi, c’est selon. Le titre a été repris par l’artiste latino-américaine Shakira, pour l’hymne officiel de la Coupe du Monde 2010 qui débute dans un mois en Afrique du sud. Et du coup c’est la résurrection. La renaissance. Le retour à la lumière pour le groupe. « On m’a appelé du village alors que je coulais doucement ma retraite, pour me féliciter, puisque la chanson de Zangalewa a été reprise par une artiste et retenue pour la Coupe du Monde », pointe, ému, Ze Bella, un des pères fondateurs.
Alors que les rumeurs sur un quiproquo, sur une affaire de plagiat commençaient à bruire, les gars de Zangalewa, qui ont bien « grandi » aujourd’hui, ont tenu à mettre les choses au clair. C’était au cours d’une conférence de presse assez courue hier à Douala. Les langues se délient progressivement : « On n’avait aucun contact. C’est l’un de nous, Emile Kojidy, installé depuis quinze ans aux Etats-Unis, qui nous a interpellé sur l’adaptation de notre chanson. Il a saisi un avocat qui est entré en contact avec le management de Shakira, et Sony Music, qui a produit la chanson. », raconte Ze Bella. « Il y a eu un accord. Le groupe n’a pas été pas lésé », renchérit Didier Edo. Lésé ? La presse veut en savoir un peu plus, sur les chiffres notamment. Que l’on n’aura pas. Mais tout de même, on reconnaît ici que « tout est en bonne voie ». En fait, les négociations se poursuivent, et la procédure devrait aboutir de façon positive, puisque Shakira aurait demandé à savoir qui sont les auteurs originaux de cette chanson. Une version espagnole est même envisagée.
En fait la chanteuse est accueillie comme le messie de Zangalewa. Le groupe va revivre, et déjà, des projets se bousculent, et des dividendes pourraient être récoltés. « On nous réveille. On nous donne l’occasion de refaire la musique, pointe Dooh Guy. C’est une joie immense, mais aussi une nouvelle vie qui commence, une vie professionnelle ». Traduction, il faudra recomposer l’équipe, chercher de nouvelles voix, pour une nouvelle aventure musicale. C’est aussi la récompense du travail bien fait, car même si pour certains observateurs Shakira et Freshlyground (groupe sud-africain co-exécuteur de la chanson) ont ressuscité Zangalewa, cette reprise est une reconnaissance pour ce groupe. La chanson dans sa version reprise « Waka Waka, Time for Africa » traduisait selon Didier Edo, d’un point de vue rythmique ce que la Fifa recherchait. « On y a rajouté des mots et du texte, pour donner cette chanson que l’on écoute aujourd’hui en boucle ». Après Manu Dibango, André Marie Talla, Tim et Foty, etc., voici la musique camerounaise une nouvelle fois honorée. A l’occasion d’un événement mondial. Quand la musique est bonne...
Par Alain TCHAKOUNTE (CT)











